11 personnes au rendez-vous à Vif ce vendredi matin, dont 7 du club (JFL, Laurent P, Jacques B, Olivier L, Sonia B, Amaury W, Jose G), et 4 extérieurs de 3 clubs différents, dont un de Die. Je n’imaginais pas que nos sorties avaient une telle notoriété!

On laisse une voiture à Vif; Une autre au stade du Gua, qui sera notre but du jour; Et toute la troupe monte à Prélenfrey avec les 3 voitures restantes.

Pendant la montée, les discussions vont bon train, entre les tenants d’une boucle vers le sud (inquiets de la stabilité en basse couche qu’on aura forcément en Chartreuse); Et les tenants d’une boucle vers le nord (Inquiets de l’engagement du parcours sud, et de la météo plus menaçante là-bas).
Tout le monde est cependant d’accord qu’il faut aller vers de Grand Veymont d’abord, et que les boucles doivent converger vers Chamrousse, pour la finale jusqu’au stade du Gua.

Une heure de marche plus tard (Philippe, tu peux nous compter 350m de dénivelée!), on arrive au déco.
En bas c’est visiblement très stable. Au déco, c’est faiblement alimenté… par moments. On ne se presse donc pas.
Les partisans des deux options n’arrivant pas à s’entendre, on fera deux groupes: Jacques, Laurent, et JB (de l’Aile ou la Cuisse (sic)) partiront vers le sud; Les 8 autres iront vers le nord; Et on se retrouvera en l’air à Chamrousse, pour le plané final. Ambitieux!
Lien vers le récit des sudistes

Panorama sur le déco. Grenoble au fond:

Laurent Pajot impérial comme toujours:

Jose et Amaury tout en décontraction:

Les premiers fusibles décollent peu après 11h, et sortent relativement rapidement.
Perso je décolle à 11h15. Effectivement ça monte dans les petits ravins à droite du déco, mais c’est faible. Il faut quand même se battre.
Finalement, je ressors au-dessus des crêtes du Gerbier, et là c’est tout de suite plus facile: Ça devient instable, et le thermique me monte direct à 2800m.
L’aérologie sera comme ça toute la journée: Stable en dessous de 2000m; Bien instable au-dessus.
Et à chaque fois je perdrai la pompe à une hauteur impressionnante… mais toujours loin du nuage. Sauf à la fin. 🙂

On part vers le sud. Les premiers font 3200m aux Deux Soeurs.
La progression se fait en yoyo, avec d’excellentes pompes montant à des hauteurs impressionnantes, et entre elles des descendances tout aussi impressionnantes. Rien à voir donc avec les conditions habituelles le long de ces crêtes, permettant une progression en quasi ligne droite. Là on avance beaucoup plus lentement de pompe en pompe.

La crête du Vercors, jusqu’au Grand Veymont:

Le groupe s’étale. On arrive en ordre un peu dispersé au Grand Veymont. Certains poussent jusqu’au Mont Aiguille.

Gresse, le Serpaton, et le lac du Monteynard:

Puis les nordistes (dont je fais partie) abandonnent les sudistes à leur triste sort. :-]
On fait demi-tour et on repart vers le nôôôôôrd.
À peu près à ce moment, Amaury nous annonce qu’il est enfin sorti de devant le déco. Faut pas avaler des casse-croûte si lourds! 🙂

Les crêtes vues du Grand Veymont vers le nord:

Retour beaucoup plus rapide vers les Deux Soeurs.

La Grande Moucherolle et les Deux Soeurs:

Villard de Lans:

Puis on remonte tout aussi facilement jusqu’au Moucherotte.

Les premiers en approche du Moucherotte:

Là malheureusement c’est plus difficile.
Alors qu’Olivier avait annoncé un départ à 2600m, les voiles devant moi tournent sans rien trouver, et perdent inexorablement de l’altitude.
Y arrivant à 2250m, je décide de ne pas gaspiller mon capital d’altitude, et je pars directement sans même chercher.
Grave erreur!

La Chartreuse en face:

En effet, en approchant de la Bastille, je me rends vite compte que je vais mordre dans la ZIT de Grenoble. Mon vol sera donc invalide pour la CFD. 🙁
Il aurait fallu passer par le Néron, ou partir au minimum 150m plus haut, pour arriver sur le Rachais au-delà de la limite fatidique.

En approche de la Bastille:

Point bas à 935m. Chaud dans tous les sens du terme. Voire brûlant vu les 35°C et mes polaire + doudoune + combinaison épaisse!
Mais contrairement à ce qu’on aurait pu craindre, il y a plein de petites bulles assez faciles à enrouler, et je ressors assez facilement.
Par contre, impossible de dépasser 1500m, et je n’ose pas continuer sur l’Écoutoux comme prévu.
Je me résous à suivre Olivier et Simon (Du club St Hil) sur le St Eynard.
Fait très inhabituel, il n’y a absolument aucune autre voile sur place, ce qui nous laisse craindre le pire pour la suite.
Mais en fait ce n’est pas si mauvais, et on progresse assez facilement. Je ressorts même tout de suite au-dessus de la crête, devant l’allée en balcon, après le fort.
Olivier, loin devant, nous distancera progressivement; Moi j’aurai toujours 1km de retard sur Simon.
À l’Émeindra, la pompe perce l’inversion. Ça me permet de passer directement au-dessus du Bec Charvet, sans même avoir à m’y arrêter.
Ensuite je tente l’arête sud de Pravouta, qui est d’habitude une valeur sûre… Rien. Zut, j’ai perdu mon capital, et je me retrouve sous l’inversion.
Mais au bord du Pré qui Tue, bonne surprise, les ravines de la Gorgette donnent mieux que d’habitude, et je ressors.
Tout aussi inhabituel, la face sud de la Dent de Crolles ne donne rien. Par contre, en face est, qui pourtant commence à passer à l’ombre, un énôôôrme thermique me sort en un rien de temps.
Je le quitte avant la fin, et ça continue de monter en ligne droite le long des crêtes, jusqu’à 3000m au Dôme de Bellefond.
À noter que c’est à la Dent qu’on a enfin retrouvé les premières voiles venant de St Hilaire. Apparemment l’inversion venait juste de percer à Chateau Nardant.

Les hauts plateaux de Chartreuse:

Là je passe en face ouest, par les Lances de Malissard. Enfin, à cette hauteur, la distinction entre faces est et faces ouest n’a plus beaucoup de sens! 🙂
J’arrive encore très haut au Granier. Il est 16h, c’est trop tard pour tenter de continuer sur les Bauges, on n’arriverait pas à boucler.
J’en profite quand même et continue jusqu’au Col du Granier. Retour encore bien au-dessus du Granier.

La face nord du Granier:

Et au-dessus du Granier, ça monte, ça monte, ça monte!
Olivier avait annoncé un départ à 3550m. Moi j’annonce d’abord 3300m (Excusez du peu), puis à chaque fois que je pars en transition j’en trouve une meilleure. Si bien que je quitte la dernière pompe à 3600m! 🙂

Allevard, vu par-dessus Bramefarine:

Jamais je n’avais transité de si haut vers Belledonne. Je passe 1200m au-dessus du St Genis, et vais taper directement sur le Crêt du Poulet.
Par contre, là c’est plus dur: Un voile dense arrivé du nord-ouest a tout mis à l’ombre, et ça ne monte pas. (Les tâches noires mouchetées sur Bramefarine ci-dessus sont l’ombre de la bordure du voile.) Plusieurs voiles galèrent en dessous de moi.
Je parviens tout juste à me maintenir. Enfin le soleil revient, et les thermiques repartent immédiatement… Mais c’est du brutal.
J’enroule un truc violent, haché par la brise, mais enfin ça sort.
Ensuite, plus de photos pendant un bon moment car l’aérologie était là la plus dure du vol. Pas moyen de lâcher les commandes!

Au Jas des Lièvres, je n’ose pas suivre le thermique couché vers l’intérieur du massif.
Je pars, assez serein, en transition vers Orionde, ayant déjà fait de nombreuses fois cette transition.
Sauf que là je perds 1100m dans l’affaire… et que sur l’épaule au-dessus du Col des Mouilles, pas le moindre mouvement d’air. 🙁
Je continue le long de la face sud. Toujours absolument rien.
Désespéré, je repère l’atterro de St Mury, et me dis que je dois tout tenter, quitte à y poser.
Je continue donc, et après un point bas à 1230m, je trouve enfin un petit dynamique au fond de la gorge, devant les Rochers de la Far.
Pendant ce temps, Simon se ballade 2000m plus haut, et Olivier arrive à Chamrousse.
Je m’accroche donc à mon filet d’air… Qui devient une bonne ascendance facile… Qui au-dessus de 2000m devient une excellente pompe… Qui me monte à 4000m! 🙂 Pas mal pour un petit filet d’air!

Le Grand Pic de Belledonne, et le Lac Blanc:

Idem d’un peu plus haut, avec aussi le lac du Grand Domènon:

Je repars à la poursuite de Simon. Olivier vient d’annoncer avoir posé au stade du Gua.
Au passage, on rejoint Jacques et JB, du groupe des sudistes, qui ont échappé de justesse aux giboulées sur le Dévoluy. (Vu d’où j’étais, c’était très très noir là bas!)
Et on entend aussi Mehdi, Ludovic et Cyril (Je crois) qui étaient au Grand Colon, au départ de Chamrousse.

Le vallon de La Pra, le Grand Colon, et le lac du Crozet:

Au passage à La Pra, devant la Lauzière, j’arrive enfin, pour la première fois de la journée à enrouler jusqu’au nuage. Point haut à 4146m. 🙂

Le Grand Colon:

Je me crois en finesse de l’attero, et je mets le cap directement sur la colline de Montchaboud, pour passer au vent de la cluse de Vizille.

Les lac Robert et la Croix de Chamrousse:

Nombreuses voiles à Chamrousse:

Il y a de l’ouest qui contre, et je suis obligé d’accélérer pour avancer correctement.
Le point positif, c’est que je rattrape Simon à la pointe nord du Connest.
Le point négatif, c’est que parti 1000m plus haut que lui du Colon, je suis arrivé 100m plus bas au Connest.
Comme quoi le choix de la ligne est primordial. Lui a suivi l’épaule de Chamrousse jusqu’à Vizille, puis a traversé vers le Connest, sans perdre d’altitude dans la confluence au dessus de Vizille.

Vizille:

Au Connest encore un truc inhabituel: Pas un souffle de brise. (Dans le cas inverse, pas sûr que la stratégie de Simon ait fonctionné!)
Ne trouvant rien d’exploitable, je continue sans m’arrêter. Je n’atteins pas le Gua, et pose à la sortie sud de Vif.
Simon grattera des pets de mouche, et posera 1km plus loin.
Alors un grand bravo à Olivier, qui au final sera le seul vrai finisher!

Un super vol donc, lors d’une journée exceptionnelle:
Je fais 155km en 7h55; Simon 169km en 8h09; Olivier 153km en 6h17. Il faut vraiment que j’améliore ma vitesse moyenne!
Et des plafonds dès le matin au-dessus de 3000, montant bien au dessus de 4000 en fin de journée.

Après une rotation pour récupérer la dernière voiture encore en haut, on se retrouve à 2 sudistes et 2 nordistes pour une bière bien méritée en terrasse à Vif.
Quant aux non finishers, ils auront tous fait de beaux vols:
– Sonia, fatiguée, se repose à Prélenfrey au retour du Veymont.
– Amaury finira à St Nizier. (Je n’ai pas compris pourquoi.)
– Jose, seul à oser l’option Écoutoux, finira au Sappey. Il remontera à pied à Chamechaude et redécollera! Plus CHVDesque, tu meurs! (Quoique, il faut l’admettre, JB du groupe des sudistes a égalisé le score, en faisant la même chose à Rochassac!)
– Un des deux Diois fait demi-tour au Moucherotte; L’autre posera à Lumbin. Ils nous ont chaudement remercié pour la journée, et nous invitent à Die.

PS. Note technique à propos des altitudes:
Je me suis rendu compte à la fin de mon vol que, contrairement à ce que j’avais toujours cru, mon vario n’affichait pas l’altitude GPS, mais un savant mélange d’altitude barométrique et d’altitude GPS.
Et là, je ne sais pas si c’est lié à la température caniculaire, mais il y avait un gros écart entre les altitudes que je lisais, et l’altitude réelle (la GPS).
Les altitudes mentionnées dans ce récit sont les altitudes GPS relevées dans ma trace.
En plus, à postériori, les écarts étaient variables selon les moments. Je suis parti un peu plus bas du Moucherotte que ce que je croyais; Je suis arrivé beaucoup plus bas au Rachais que ce que je croyais sur le moment. (Et donc y’a pas photo, je suis largement rentré dans la ZIT.)
Côté positif, j’ai fait deux plafonds à 4000, dont un largement au-dessus, alors que pendant le vol je croyais avoir tout juste passé le seuil la seconde fois. Là l’erreur était donc dans l’autre sens!

La trace de mon vol: https://parapente.ffvl.fr/cfd/liste/vol/20289306
Et aussi là: https://www.livetrack24.com/track/1703662
(J’encourage tous les membres du club à se créer un compte Livetrack24, et à l’utiliser pendant leurs vols. C’est un plus côté sécurité. Et un bon backup en cas de panne de vario. Faut juste avoir un smartphone, comme tout le monde. (sauf Amaury 😉 )

La trace d’Olivier: https://parapente.ffvl.fr/cfd/liste/vol/20289266
La trace de Simon: https://parapente.ffvl.fr/cfd/liste/vol/20289250

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