WE Saint Vincent 5 6 7 juin 2026

par | 9 Juin 2026 | CR des sorties club | 1 commentaire

Avant de prendre la route des cieux, Dix oiseaux d’un même lieu

Voulaient gagner les Baronnies Pour y tenter maintes folies.

Mais le Vent du Nord, maître du domaine, Leur dit : « Point de telle semaine !

Allez plutôt vers Saint-Vincent, Là-bas le sort sera clément. »

Une Huppe sage et prévoyante Réunit alors sa troupe volante :

Cinq femelles, cinq mâles aussi, Parité parfaite, Dieu merci ! «

Si cela dure, dit le Héron, Il faudra changer le nom du club. »

Deux chars suffirent au voyage, Chacun trouva place et bagage.

Le vendredi, les plus ardents Arrivèrent les premiers pourtant.

Ils découvrirent un tapis de moquette Où le vent nourrissait les ailettes.

On pouvait se poser au sommet, Ou bien descendre près du lac discret.

Et quel luxe pour des voyageurs ! Eau, repos, prises et douceurs,

Comme si quelque Roi des vents Veillait sur les lieux constamment.

L’air fut paisible et généreux ; Tous volèrent, petits et vieux.

Le soir venu, la seconde équipée Rejoignit la joyeuse tablée.

Le lendemain, vers Montclar, Nos oiseaux prirent le départ.

Ils rêvaient d’atteindre Dormillouse Par quelque randonnée jalouse.

Mais le Vent du Sud, là-haut perché, Leur fit soudain changer d’idée.

Les voilà quittant le télésiège, Sans accomplir le moindre siège.

Certains trouvèrent le vol trop court ; D’autres, plus habiles ce jour,

Remontèrent vers les nuages, Jouant avec les blancs rivages,

Jusqu’au Bernardez et plus loin, Portés par l’air comme un essaim.

Puis retour au nid de Saint-Vincent, Toujours accueillant et plaisant.

Le soir, des musiciens d’Irlande Firent danser toute la bande.

Lasagnes, rires et chanson, Ajoutèrent à la satisfaction.

Même Théo, venu du Moucherotte, Se joignit à la joyeuse cohorte.

Le dimanche enfin, bonheur entier, Dormillouse put être gagné.

Chacun marcha selon son pas Admirant monts, vallons et bois.

Puis les oiseaux prirent leur essor, Vers le lac, les cols ou l’Estrop d’or.

Mais l’après-midi montra soudain Le vrai visage du terrain.

Le vent reprit son caractère, Fort, turbulent et peu sincère.

Les sages biplaceurs eux-mêmes Préférèrent attendre sans problème.

Un jeune Goéland marseillais, Moins expérimenté qu’il ne croyait,

Défia pourtant l’avis commun. Il finit son voyage opportun

Dans les branches d’un grand sapin : Plus de peur que de mal enfin.

Avant le retour au logis, Tous goûtèrent encore aux plaisirs

D’une piscine bien venue Sous le soleil de l’après-midi.

Morale

Qui vole loin doit savoir plier Quand Éole veut contrarier.

L’oiseau prudent change de route, Et c’est souvent, n’en ayons doute,

Celui qui sait revoir ses plans Qui rapporte les plus beaux moments.

1 Commentaire

  1. ​Merci pour ce poème, magnifique lecture,
    Ce week-end de vols que l’on a vu s’enfuir
    S’y retrouve gravé, suspendu dans l’azur,
    Faisant revivre en nous de si beaux souvenirs.

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