Depuis longtemps je rêve de faire le tour du massif du Mont Blanc en parapente.
Le lundi 18 juillet 2022 j’ai cru que c’était le bon jour pour ça:
Il était annoncé un pic de canicule, avec des plafonds à plus de 4000m, et un vent tombant dans l’après midi à haute altitude.
La veille, un autre pilote avait déjà réussi ce vol… Les choses semblaient bien parties.

Quatre pilotes du club confirment finalement leur venue: Moi-même, Jacques B., Laurent P., Jose G..
Jacques et moi rejoignons sur place Laurent et Jose, qui sont déjà en Savoie depuis le week-end.
On arrive au déco à midi, mais on les rate, car (trop gourmands) ils ont déjà décollé. On restera en liaison radio avec eux.
Ils nous signalent d’emblée que le vent de nord les contre fort.

Déco pour moi à 12h33. Ça monte bien de partout, mais c’est très turbulent.
Effectivement on est bien contrés par le vent de nord, qui hache désagréablement les thermiques.
On fait le plaf au Brévent à 3700m, et on part vers le nord à la poursuite de nos deux lièvres.

Le fond de la vallée de Chamonix, avec les Aiguilles Rouges à gauche

Au bout des Aiguilles rouges, je cafouille longtemps sans réussir à passer les 3500m.
Entre-temps, Jose nous prévient que Laurent et lui se sont fait sévèrement descendre à l’approche de la crête frontière avec la Suisse, et que lui est posé au Tour.
Jacques fait un plaf à 3900m et tente la transition… Alors que 3300m sont théoriquement suffisants, il se fait descendre à son tour à l’approche de la crête frontière, dans une aérologie particulièrement malsaine. Il pose à son tour au Tour (sans jeu de mot), non sans avoir fait quelques figures d’acro pas dans le manuel de sa voile.

Échaudé par sa mésaventure, et malgré un plaf à 4090m, je préfère laisser tomber, et j’active le plan B:
Faire demi-tour et tenter le retour le plus loin possible vers Grenoble, Jacques me proposant gentiment de me prendre au passage au retour.
Retour rapide vers Chamonix, puis Les Houches, avec le vent de nord qui maintenant me pousse.
La vue est magnifique, mais c’est toujours aussi turbulent, et il n’y a plus grand monde en l’air.

Je transite vers Passy et l’Aiguille de Varan.
Rapidement les turbulences se calment. La chute de vent annoncée, ou l’altitude plus raisonnable?
En tout cas, la suite du vol sera très agréable, validant le changement de plan.

L’Aiguille de Varan à gauche, et le déco de Plaine Joux en bas à droite

La suite après l’Aiguille de Varan est pour moi un plongeon dans l’inconnu, mieux racontée dans la vidéo ci-dessous.
Pour faciliter la récup, je dois longer la route des Gorges de l’Arly, puis la combe de Savoie.
Mais je n’ai jamais fait la transition du Haut Giffre vers les Aravis, ni l’enchaînement Aravis-Beaufortain-Grand Arc-Belledonne.
Suspense…

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