José, on ne le présente plus, enfin pour ceux qui ne le connaissent pas encore, José est arrivé au club il y a deux ans du Venezuela. Il n’avait que quelques heures de vol et nous a dès le début étonné par ses capacités à très vite progresser. Il m’a raconté son vol autour du Mont-Blanc du 1er septembre 2021 et j’ai tout de suite pensé que ce récit ferait un article sympa pour notre site. Comme il ne maîtrise pas encore bien notre langue il m’a demandé de le rédiger pour lui. Je l’ai donc enregistré et je vous transcris son histoire.

« Le vol c’était trop bien, c’était incroyable, le meilleur vol de ma vie, la meilleure journée de ma vie !
On est 4 pilotes vénézuéliens qui se connaissaient déjà plus un pilote qu’on a rencontré au déco et qui a qui a décidé de nous suivre. Il y a Alfredo d’ailleurs, le même Alfredo qui a participé à la Trans Alps dans l’équipe Carambar. Il vole avec une Gin Bonanza. Les deux autres pilotes sont mes potes. Il y a Micky qui habite à Passy, c’est lui qui avait déjà fait ce vol. Je crois qu’il l’avait déjà fait 5 fois. Mais cette fois il le fait en biplace Gin Fuse avec une américaine qui vole aussi. L’autre pilote s’appelle Raul, c’est un gars qui est super fort (il a fait 3 Xalps il y a quelques années). Il habite au Venezuela mais il est là en vacances. Il vole avec une Skywalk Xalps. Le français qui nous a rejoint s’appelle Benoit, il fait de la compète avec Alfredo. Il vole avec une BGD Cure et moi je vole avec une BGD Riot.
On monte à Planpraz pour être prêt à décoller vers midi. On a ça en tête de faire le tour du Mont-Blanc. Je sais par un de mes potes du Duck que Gerald Delorme a le même projet. On le retrouve au déco où Il fait son briefing.
Du coup on décolle à midi. Les nuages montent petit à petit. Il n’y a pas de vent et c’est assez cool du côté français sur les Aiguilles Rouges. Mais ça commence à être très musclé quand on arrive du côté Suisse. C’est bizarre car parfois c’est très calme et parfois ça s’active vraiment. Mais quand on arrive du côté italien alors là c’est Oufff, très impressionnant avec ces faces énormes, aiguisées comme des rasoirs. Là ça bouge vraiment beaucoup, il faut tenir la voile pour l’empêcher de fermer. Ça monte tellement fort, du +7, pas intégré mais tout un coup le vario se met à biper comme un sifflet à roulette. Ce sont des petits thermiques étroits mais puissants et parfois ça s’élargi. À partir de la deuxième moitié du vol, mes potes me lâchent, ils partent devant et je reste seul avec Benoit le français. Alors on fini le vol ensemble. On passe au-dessus du téléphérique à la pointe Helbronner en Italie. De là on voit la Mer de Glace et l’Aiguille du Midi de l’autre côté du massif.
On a mis 3h 45 pour faire le parcours mais je n’ai pas vu le temps passer. Ça a été très vite, c’était magnifique et très impressionnant en même temps. À refaire même si ça n’a pas été tout le temps une partie de plaisir.
Ça caillait vraiment beaucoup. J’ai surtout eu froid aux mains. Enfin je ne sentais pas le froid jusqu’au moment où on est repassé sur Chamonix et qu’on a perdu de l’altitude. Là le sang a commencé à revenir dans mes doigts et j’avais l’impression que mes ongles allaient tomber tellement la douleur était forte. J’ai failli faire tomber mon téléphone quand j’ai pissé parce que je n’en pouvais plus. J’étais au-dessus d’un glacier côté français, et quand je suis rentré dans mon cocon j’ai entendu un bruit, c’était mon téléphone qui était tombé sur la plaque où on pose les pieds. Là je me suis dit « Oh putain, faut vraiment que je l’attache. »
Pour parler du parcours, j’ai suivi le groupe. Je n’avais pas vraiment de parcours défini, juste faire le tour du Mont-Blanc. Parfois ceux qui me précédaient arrivaient à passer un col et moi j’étais souvent bas et je devais contourner la montagne pour passer de l’autre côté. C’est pour ça que je me suis retrouvé derrière. J’ai plusieurs fois fais l’erreur de ne pas partir assez haut parce que je pensais que ça passait, mais ça ne passe pas tout le temps. Quand tu franchis un col ça monte des briques de l’autre côté et il faut vraiment partir haut à chaque transition. Pour le cheminement, tu as toujours le Mont-Blanc à droite et tu essayes de le contourner là où tu peux, le plus haut possible.

Il y a eu un moment particulièrement impressionnant c’est quand on est repassé du côté italien au côté français pour le glide final vers Chamonix car on était au-dessus des nuages. À ce moment là, je suis monté à 4050 m, mon altitude max. Avec une mer de nuages sous mes pieds et le Mont-Blanc derrière c’était absolument incroyable. J’ai commencé à rire et à crier de joie tellement j’étais content et là j’ai commencé à avoir la tête qui tourne et un peu mal au crâne et je me suis dit « Oh putain c’est vrai, on est très haut, faut que je me calme » parce que j’ai entendu parler de l’hypoxie… Je ne sais pas si j’étais en hypoxie mais j’ai décidé de descendre tranquillement vers l’atterro.”

 

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