C’était en 2016, je crois… J’arrivais dans le club, et nous avions participé à une des plus belles sorties que nous connaissons pour beaucoup, un vol-rando à La Dent. Tout s’était parfaitement bien passé, une montée dans la bonne humeur, une préparation dans les règles de l’art pour un décollage vers le nord et le petit col qui permet de basculer vers la vallée du Grésivaudan. C’était la première fois, quelle émotion ! Est-ce que la finesse permet de passer, à quel moment je décide de tourner pour passer le col, beaucoup d’interrogations au début mais le bon sens et les sensations aident, ça passe ! Un vol extatique, pas très long, avec un copain nous n’avons que peu de vols au compteur, donc nous profitons de la béatitude de l’instant, et le vol ne dure par éternellement… Direction Lumbin pour atterrir : tout se passe encore très bien. Mais une envie de “plus encore” nous pousse à remonter jusqu’à St Hilaire, et comme on est de jeunes mecs vigoureux, on y va à pattes ! Donc 2ème rando, mais arrivés en haut, nous constatons que la biroute de la moquette commence à s’incliner du mauvais côté : pas de temps à perdre. On se positionne le plus haut possible, j’essaie en premier un dos voile énergique, ça suffit pas. Alors qu’est-ce qu’on fait ? Brillante idée du moment : on se place dans l’herbe en amont de la moquette, donc vraiment le plus haut possible. J’essaie à nouveau, je gère la rupture de pente, la voile monte, symétrique, ça le fait, je décolle. Puis le vol se passe, et je retrouve mon pote à l’atterro. Il n’est pas tremblant mais encore émoussé : après que j’aies décollé, c’était son tour, mais sa voile n’est pas monté symétriquement, et il s’est fait déporté sur la droite, il a insisté, continué dans son élan, pour finalement “se jeter” de justesse, c’est-à-dire sauter en penchant le corps pour éviter que sa voile ne touche la tourelle en bois situé en bout de moquette. Il a flippé, il a passé un vol pas du tout agréable bien qu’en l’air ce fut calme, et on a vraiment regretté toutes les décisions prises ce jour là. Addition de facteurs dangereux, alignement des plaques, voici une situation typique :

  • Fatigue liée à la 1ère rando, puis à la 2ème rando, ainsi qu’à l’émotion générée par le vol effectué précédemment ;
  • Luminosité faible car nous étions en heure d’hiver, nous avons décollé vers 17h, et nous avons donc fourni un effort important en montant le plus rapidement possible pour éviter l’obscurité naissante ;
  • Manche à air pas bonne : même avec un léger cul, cela aurait du nous alerter ;
  • Décision stupide de se placer au-delà de la rupture de pente pour faire en sorte que la voile ait le temps de se lever ;
  • Idée saugrenue de sauter pour décoller à tout prix, parce que le copain avait déjà décollé, que la voiture est à l’atterro, qu’il fait bientôt nuit et que la manche à air forcit de plus en plus dans le mauvais sens.

Voilà le genre d’expérience qu’on peut vivre au début de sa progression en parapente. Ce jour là, nous étions contents de nous retrouver à Lumbin après la folle journée que nous venions de vivre, mais nous savions que nous avions eu de la chance. Et pourtant, nous avions tous les deux fait les constats évidents qu’il aurait fallu prendre une autre décision, au tout début, au milieu et jusqu’au moment de ce décollage. Une bonne leçon…

 

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Le Challenge 1 an 12 randos est suspendu jusqu’à nouvel ordre !

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