Le groupe volant et non-volant

C’est un vendredi de juin, premier de la saison estivale, que nous nous retrouvâmes dans la bourgade de Mévouillon, au cœur des Alpes du Sud. Le groupe, formé de volants (Simon-Pierre, Jacques, Éric, Jérôme et les deux dernières recrues Mehdi et Emmanuelle) était joyeusement complété par des bi-enthousiastes (Romane, la fille de Jérôme, Nicolas, le frère de Simon-Pierre), moins enthousiastes (Ingrid, la femme de Nicolas et leur fils Alexandre), et surtout Jack, chien et mascotte.

Le samedi matin débuta avec le souhait de faire des points pour le concours Marche & Vol – nous nous mîmes donc en train (mais toujours à pied) pour effectuer un plus ou moins plouf matinal au site “Le Fort” – le moins s’adressant à Pierre-Simon qui souhaitait épater Romane sa passagère. Jacques et Éric, bien décidés à se greffer en touristes (ou fusibles ?) au stage cross, préfèrent suivre le briefing de ce dernier et passèrent donc leur matinée, ravis, à apprendre l’ensemble des expériences de vols de chaque participant.
C’est tous ensemble que nous atteignîmes le site de Bergies peu avant midi. Le vent, en dieu facétieux, était tantôt stable, tantôt capricieux. Nos deux crosseurs s’envolèrent avec l’ensemble du troupeau pour rejoindre des monts lointains, tandis que Simon-Pierre harnachait son frère et que les petits nouveaux se noyaient dans l’abîme de l’indécision “On y va ? On y va pas. T’es sur que ça va buller à l’attéro ? Allez on a déjà fait pire. Si on y va, c’est maintenant”.

 

Une voile majeure et indépendante

La décision était prise, mais c’était sans compter la voile d’à côté (Pas un CHVD – dommage pour le Nain) qui avait décidé de se libérer du joug de son pilote. Elle s’envola, avec ses potos sellette, secours et radio, vers d’autre cieux. Après une heure de démonstration technique – posant également des prémices de questionnements sur l’utilité d’un pilote – la voile décida de se brancher, magnanime, sur un grand sapin – et éviter tout pylône, antenne radio ou route nationale. Toute cette agitation eut raison de l’enthousiasme transitoire de Mehdi et Emmanuelle, qui retournèrent dans leur pénates par la voie terrestre. Il y retrouvèrent un Simon-Pierre et Nicolas radieux, malgré un vol un peu bulleux, mais la nouvelle tomba vite : Éric s’était un peu(mal) vaché.. 

Photo de famille en gonflage

Jessica et Martin arrivés, le groupe se scinda entre pilotes-solidaires-pour-de-vrai (c’est à dire Jacques, qui emmena Éric aux urgences) et pilotes solidaires-en-pensée qui gonflèrent toute l’après-midi dans la girouette de brise du site Buc. Quelques marches (on prend ce qu’on peut comme points pour le challenge !) et quelques ploufs conclurent ce premier jour. Le groupe se retrouva à festoyer le soir au gîte, entourant Éric dont le coude en moins et les kg de plâtre tartinés n’empêchait pas de lever le verre d’un air enjoué.

Après un taboulé gargantuesque, et les multiples verres d’alcools divers, chacun rejoignit son duvet douillet (oui il faisait encore frais le soir, à cette époque). Très vite, seul les ronflements (Hein, quoi, moi ? Ronfler ? Jamais !) des participants se firent entendre dans la sombre nuit drômoise. Et rien, non rien ne laissa présager des multiples rebondissements qui auront lieu le lendemain…

Nous nous levâmes de bon matin, c’était dimanche ! Pas de général à vendre non, mais une superbe journée en perspective, surtout pour les amateurs de Râpe-la-pente. Nous nous dirigeâmes donc vers le décollage Est de Buc, et après une épique traversée de buissons, chacun pût admirer le superbe (mais court !) décollage, face au soleil levant.
Je me permets un aparté : les parapentistes, on le sait, sont souvent des gens passionnés, et dont les passions sont multiples. Au CHVD, nous avons la chance d’avoir des botanistes dans l’âme, qui aiment à lier leurs deux passions. Ce matin-là, plusieurs avaient apparemment décidé de réaliser un herbier pour compléter leur collection ! Mais n’oublions pas que le décollage n’est pas le meilleur moment pour se mettre au vert…
A peine atterri au gîte, nous voilà partis pour une nouvelle tentative à Bergies, le vol s’annonçait calme, et les crosseurs patientaient tranquillement au sommet.
Je me permets à nouveau un aparté : les parapentistes, on le sait, sont souvent des gens passionnés, et dont les passions sont multiples. Au CHVD nous avons la chance d’avoir des géologues dans l’âme, qui aiment à lier leurs deux passions. Ce matin-là, certains avaient choisis de récolter en famille du gravier de la Drôme pour compléter leur collection personnelle. Mais n’oublions pas que le décollage n’est pas le meilleur moment pour fouiller dans les cailloux…
Heureusement tous les Râpe-la-pentistes s’en sortirent indemnes, prêt à profiter du légendaire vol du soir de Buc.

Photo de famille en l’air (avec les 4 volants du dimanche soir !)

Et c’est après une séance d’exercices dans le vent toujours utile, que nous nous mîmes en route pour ce qui fut le plus beau vol du weekend, le summum du dimanche, l’apothéose de Mévouillon. L’œil vif et la commande ferme grâce aux heures de gonflages de la journée, nous décollâmes dans une brise un peu forte, pour trouver en l’air la masse ronde et confiante des vols du soir qui nous sied tant. Simon-Pierre en profita même pour poser au sommet et valider le défi qu’il avait lui-même proposé.

Les chanceux qui purent rester pour ce dernier vol s’en souviendront longtemps ! Merci à tous les participants de ce fameux weekend à Mévouillon, et à l’année prochaine pour recommencer.

 

Mehdi & Emmanuelle

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Le Challenge 1 an 12 randos est suspendu jusqu’à nouvel ordre !

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