On a remarché sur la Terre
ou
Récit d’un weekend de déconfinement dans le Trièves

 

Suite aux deux mois de confinement durant lesquels des membres éminents du CHVD ont profité de faire un voyage interstellaire pour voler sur certaines planètes de notre système solaire, aidés par la plume lyrique de Amaury et les illustrations de José, nous voici tous revenus sur notre bonne vieille Terre, sur laquelle nous pouvons à nouveau, dans un rayon de 100 kilomètres, pratiquer nos activités.

Le weekend de l’Ascension était sensé nous faire découvrir un petit pays voisin, connu pour ses montres, son fromage et sa crème double, mais un méchant virus en a décidé autrement. On troque donc ce petit pays tout vert contre une toute petite région, toute verte elle aussi : le Trièves.

Afin de ne pas contrevenir aux exigences du gouvernement concernant la taille des groupes, nous en créons deux, de taille variable, qui se tiendront toujours éloignés l’un de l’autre, au moins de l’envergure d’une aile !

Jeudi : Le premier groupe se retrouve au Serpaton, pour un vol plus ou moins long en bordure du Vercors et même jusqu’à l’atterro de Courtet pour Jacques.
Les lève-tard se retrouvent directement à Courtet pour une montée à pieds pour certains et en navette, avec masque sur la tête pour les autres. Après s’être sustentés, il est temps de suspenter et nous voici en l’air, dans un thermique généreux qui nous monte dans les alpages, rejoindre le Châtel, puis plus haut, jusqu’au sommet de l’Obiou, du Grand-Ferrand et du Ménil.

Il y a foule à l’atterro et il est presque difficile de s’y garer, du coup, une petite équipe part en reconnaissance et rencontre un local qui les emmène au col du Banchet, où nous élirons notre campement de tentes et de camions pour deux nuits. Il fait presque nuit quand nous nous y retrouvons tous, en deux groupes de huit bien distincts, distanciation oblige…

Campement des Gens du Volage au col du Banchet

Vendredi : Une grande motivation marche et vol nous fait lever le camp peu après huit heures pour monter au Jocou, au-dessus du col de la Croix-Haute (voir topo https://www.chvd.org/2020/05/23/le-jocou/). Les deux équipes, toujours elles, partent de Lalley Le Jocou et décident de suivre le même itinéraire, en laissant l’espace réglementaire. Le sentier, qui n’en a que le nom, nous fait parcourir des prairies fleuries dans lesquelles paissent de tranquilles chamois, au milieu des narcisses, tulipes sauvages et anémones. Pour ne pas se retrouver tous au même déco, certains se dévouent pour décoller plus bas sur l’arrête, tandis que les volants continuent jusqu’au sommet et que les non-volants continuent leur ballade.

Réminiscences du voyage interstellaire 
Sommet du Jocou

Les dévoués Simon-Pierre et Jeff nous montrent bientôt que le thermique est présent et survolent le sommet avant que le reste des groupes y arrive ! Bientôt, le ciel est constellé de nos dix parapentes multicolores qui après un premier plaf vers 2500 mètres, se lancent dans une transition en direction de Courtet, que tout le monde n’atteindra pas : certains préfèrent se poser près de Lalley, d’autres enchaînent les sauts de puce pour ne pas se retrouver coincés sur un alpage, et certains iront survoler à nouveau l’Obiou et le Grand Ferrand, avec des plafs jusqu’à 3300 mètres, grâce aux thermiques qui déclenchent en face nord-ouest… Afin de prouver que l’auto-stop fonctionne malgré les circonstances, et sans le masque, Jacques décide poser à Super-Dévoluy.
Un vol du soir permet à certains de survoler à nouveau les grands sommets locaux, de faire découvrir le parapente biplace à Victor (Fourniou) et à Simon-Pierre et Olivier de poser au col du Banchet, notre lieu de bivouac.

L’Obiou Le Grand Ferrand Victor en bi avec Jeff

Un apéro convivial (en respectant évidemment toujours les règles de distanciation) permet à chacun de commenter ses vols de la journée, tandis que le couchant se pare d’or au-dessus du Mont Aiguille.

Samedi : Les deux groupes, amputés de quelques membres qui avaient mieux à faire, partent tôt pour la terrible montée aux alpages de Rochassac (quiquifaituntopo ?). Une perturbation devrait arriver rapidement, et le ciel est bien gris sur le Vercors. Nous ne traînons pas trop au déco et rapidement, aux oreilles pour la plupart, nous nous dirigeons vers l’atterro, où quelques gouttes nous accueillent. Seuls Jeff et Danielle, en biplace, attendent de meilleures conditions et finissent par descendre à pied.
On se retrouve tous à Courtet et, avant que la pluie ne se déchaîne, la plupart des participants nous quittent, laissant sur place, un groupe de trois camions (et leurs habitants !).
Finalement, certains lassés par la pluie, nous ne serons que quatre pour une dernière nuit, à l’atterro cette fois. Un rayon de soleil couchant, après la pluie, nous laisse augurer un lendemain ensoleillé.

Dimanche : Le ciel est encore bien gris et les montagnes bouchées. Sonia et Olivier décident de monter au Châtel pour tenter un vol du sommet, qui se dégage petit à petit, mais là-haut, un vent soutenu nous motive de redescendre à pied, alors que les premières voiles s’envolent de Courtet.

Le mot de la fin : Un superbe weekend de vol, avec une des équipes bien motivées et heureuses de se retrouver dans un espace enfin plus grand (d’accord, pas aussi grand que celui dans lequel Amaury et José nous ont fait voyager) et où certains ont pu connaître les joies du camping et de la convivialité retrouvée !
Merci à tous les participants pour ces beaux moments de partages !

Olivier

Plus de photos ici!  Merci Jacques!

 

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