Vol depuis la Petite Chapelle

Après 3h de vol depuis Lyon, Jean-Jacques et moi atterrissons à Thessalonique. On récupère nos bagages et la voiture de loc, on règle le GPS et nous voilà partis en direction du Mont Olympe ou plus exactement la petite station balnéaire de Leptokaria située au pied de cette montagne mythique qui culmine à 3000 m au dessus de la mer Égée. Après 1h 30 de route, vers 17h locale (1h de décalage), nous arrivons à l’hôtel que nous a réservé Claudia de Olympic Wings, l’organisatrice du stage cross auquel nous allons participer pendant 9 jours.
Nous avons rendez-vous le lendemain à 9h à l’école de parapente. Nous avons donc largement le temps de nous acclimater en prenant la direction de la plage où nous plongeons dans une mer encore bien chaude en ce début du mois de septembre.

Le premier jour du stage, à 9h du matin, nous arrivons devant les locaux d’Olympic Wings nous sommes accueillis par Claudia avec qui j’ai été en contact par mail depuis le début du projet. C’est une pilote allemande qui est tombée amoureuse de la Grèce et de Stelios, un parapentiste grec avec qui elle gère l’école de parapente. Il y a aussi Katarina, la fille de Stelios qui s’occupe des réparations et de la gestion du matériel. Nous apprenons que nous serons les seuls participants à ce stage, d’autre pilotes devraient arriver plus tard… Après les présentations, Stelios nous propose de checker notre matériel et surtout notre parachute de secours (ambiance). C’est katerina qui se charge de l’opération. Elle découvre que nos parachutes (Jean-Jacques et moi avons la même sellette, la fameuse Strike de Sup’air) ne sont pas reliés correctement à la sellette (il y a trop de jeu au niveau des connects). Elle rajoute donc des élastiques pour corriger le défaut et nous voilà prêts pour le premier vol.
Après un breifing devant la carte où Stelios nous explique comment fonctionne l’aérologie locale largement dominée par la brise de mer et la confluence avec le régime de vent d’ouest venant de l’immense plaine qui s’ouvre derrière le Mont Olympe,

nous partons pour un tour des atterros possibles avant de monter au déco de la petite chapelle. C’est un déco privé, situé sur les contre forts du Mont Olympe, qui appartient à l’école d’où Stélios et Claudia font des biplaces et larguent les élèves pour leurs premiers grands vols. Le déco est à 800 m face à la mer. Nous passons d’abord à la plage et comprenons que si nous l’atteignons après un long glide de 5 ou 6 km, nous devrons nous poser sur une étroite bande de sable bordée par des rangées de parasols. Cette piste d’atterrissage est assez longue mais deux grosses barques échouées dans le sable compliquent un peu les choses… évidemment, interdit de poser dans l’eau ! Si l’on ne va pas jusqu’à la mer il y a un grand atterro au pied du déco très facile à atteindre et un atterro de secours (un terrain de foot grillagé au cas ou on se ferait contrer par la brise en tentant d’aller jusqu’à la plage). Ce jour là nous ferons 2 vols depuis le déco de la Petite Chapelle. Le premier alors que l’activité thermique n’est pas encore installée nous mènera à la plage où l’on posera sans problème. Au deuxième vol, ça commence à bien chauffer et nous passons rapidement au dessus du déco. Stelios , qui est en contact radio, nous engage à partir en cross vers le nord en nous appuyant sur les pentes qui remontent doucement vers le Mont Olympe, sur la brise de mer et les thermiques qui déclenchent régulièrement. Pour ceux qui connaissent, ça ressemble un peu aux vols à la Réunion depuis le 800. Nous sommes un peu paumés, car habitués à nous laisser guider par le relief, nous manquons de repères et au retour nous serons trop bas pour la plage, nous poserons à l’attero officiel après un petit cross de 11 km et un plaf de 1500 m.

Jean-Jacques décolle depuis la Petite Chapelle

Le lendemain fort vent de nord-est annoncé. Stelios nous propose de partir pour un site abrité du vent qui est à 2h de route et duquel il est possible de revenir en vol (un cross de 150 km…). Bonne entrée en matière mais les dieux de l’Olympe ne seront pas vraiment au rendez-vous ce jour là. L’atterro officiel est une ancienne base aérienne gardée par la carcasse d’un vieux Mirage. Elle sert aussi de base pour les planeurs qui en partent au treuil. 3 ou 4 pilotes locaux (il y a à peine 500 pilotes licenciés en Grèce) discutent autour d’une carte et Stelios nous explique le plan de vol. Il y a un lac que nous devrons contourner et des petits reliefs qui devraient nous guider. Mais c’est surtout une plaine immense qui s’ouvre devant nous quand nous arrivons au déco. Il y a déjà un Delta en attente et quelques pilotes qui n’ont pas encore déplié. Stelios ne volera pas avec nous car un vieux mal de dos le fait un peu souffrir. Il nous guidera depuis le sol en radio. Nous arrivons assez facilement à nous extraire et à faire le plafond à 2600 m. Nous tentons alors de partir au sud par la rive gauche du lac en suivant le plan de vol initial mais assez vite nous sommes obligés de rebrousser chemin car ça plombe très fort. Nous revenons au relief et remontons au nuage. Stelios nous conseil alors d’essayer la rive droite. Nous suivons ses conseils et commençons à cheminer sous les nuages mais au bout de 30km on arrive au bout de la rue de cums et le retour face au vent n’est pas envisageable avec nos ailes, une Punk pour Jean-Jacques et une Leaf light pour moi. On pose avec l’embarras du choix dans un immense champ de blé qui a été moissonné il y a déjà longtemps. Au sol le vent n’est pas trop fort (ça ne sera pas le cas tous les jours, j’ai posé plusieurs fois avec le deuxième barreau de l’accélérateur… ). Au GPS on a fait 30km. On indique notre position par Whatsap et on attend que la récupe arrive en mangeant du raisin qui pousse dans la vigne d’à côté.

Le vol depuis Agios Athanasios

En attendant la récupe

Les jours suivants toujours dominés par du vent un peu fort qui casse les thermiques nous volerons à partir de différents décos situés directement sur les pentes du Mont Olympe. Une route ,aménagée par l’armée, monte à un camp militaire et une petite station de ski et juste avant se trouve le déco le plus haut (1800m) qu’on atteint après 10mn de marche depuis le parking. Les décos du Mont Olympe ont la particularité d’être encombrés de chardons ce qui pose parfois des petit soucis… il y a aussi des vaches et des chevaux sauvages qui nous observent. L’autre particularité c’est que l’entrée en matière est assez radicale, on prend souvent un gros vario, à peine installé dans la sellette, qui nous monte très rapidement à plus de 3000m. Ou alors il n’y a rien au relief et il ne faut pas hésiter à partir en plaine et perdre plus de 1000m avant de trouver un gros pétard qui vous colle au nuage.

Déco sur le Mont Olympe

Entrée de thermique à la grecque !

À 3100m au dessus du Mont Olympe

1h après avoir posé…

C’est très différent de nos habitudes de vols alpins. À cause du vent (inhabituel en cette saison) on n’aura pas eu l’occasion de nous éloigner beaucoup du relief en direction de la plaine mais on aura quand-même expérimenté le vol de plaine en cheminant de cums en cums, une sensation très grisante et que je re-tenterai certainement l’an prochain.

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