Un week end fumant

par | 5 Avr 2009 | Cross | 0 commentaires

Récit et photos de Jean François Larvoire


Super conditions ces derniers jours. J’espĂšre que vous en avez bien profitĂ©!
Les conditions allaient en s’amĂ©liorant, mais j’ai rĂ©ussi l’exploit de faire des vols de plus en courts.
Vendredi, un aller retour sympa Bastille-StMarcel, suivi d’un aller simple vers Belledone.
Samedi, une tentative de traversée vers le Vercors, finie prématurément à Fontaine.
Dimanche, une NiĂšme tentative de Corenc, d’oĂč malgrĂ© mes espoirs je n’arriverai toujours pas Ă  sortir.


Déco fumant! Vendredi, déco vers 13h à St Hil. La moquette fumait, littéralement!
La premiÚre heure, les conditions sont musclées. Il fallait bien tenir sa voile!
Je me lance Ă  la poursuite de Pierre Laurens, parti 10 minutes avant moi.
Vu l’aĂ©rologie forte, je reste Ă  100m de la falaise, et ça marche trĂšs bien. Pourquoi tant de voiles rasent le rocher comme s’il fallait gratter du tout petit?
J’avance parallĂšlement aux falaises, en maintenant plus ou moins mon altitude.
De temps en temps, j’enroule un thermique qui me parait sain, histoire de monter d’un Ă©tage.
Je croise Pierre Ă  1km du Fort du St Eynard. ArrivĂ© au fort, il y a plusieurs voiles sur le Rachais qui montent trĂšs bien, du coup je continue sans m’arrĂȘter malgrĂ© les plafonds mĂ©diocres. Effectivement ça reprend bien, et je pousse jusqu’Ă  la Bastille. Un voile est au NĂ©ron, et part sur le Vercors. RemontĂ©e au plafond facile pour une fois au retour sur le Rachais, puis retour tout droit jusqu’au Manival. Maintenant ça monte tout le long.St Eynard
De retour Ă  Chateau Nardant, je tente la montĂ©e vers la Dent. Ça reprend bien comme d’hab en haut de l’arĂȘte devant le Col du Coq. Une autre voile enroule avec moi. On passe entre deux nuages, et je la suis en ligne droite, au plafond, sur plusieurs kilomĂštres.
Un peu avant le Col de Marcieux, un nuage plus gros que les autres menace de nous aspirer, et on doit le contourner par la droite. L’autre voile fait demi tour. Je continue Ă  l’aplomb des avants reliefs.
Grenoble - Transition vers la Bastille L’heure suivante est un vrai plaisir, trĂšs diffĂ©rente de la premiĂšre heure. Je progresse lentement, entre 1300 et 1600m. Il fait bon, les thermiques sont tout doux. J’en prend plein les yeux, tout seul dans cette zone. Vers le dĂ©co de St Marcel, je fais demi-tour. AprĂšs c’est tout Ă  l’ombre, et je crains de descendre trop bas. Retour jusqu’au Col de Marcieux toujours aussi lent, et toujours aussi agrĂ©able. LĂ , le thermique reprend un peu de vigueur, et me monte enfin au plafond, vers 1800m. C’est inespĂ©rĂ©, j’en profite et me jette sur les hauts reliefs. Ça marche, ça remonte au nuage, et je rentre en ligne droite jusqu’Ă  la Dent de Crolles en un temps record.
Il est 16h. Ma voiture est Ă  l’atterro de St Nazaire, il ne reste plus qu’Ă  se laisser glisser jusque lĂ .
Mais voila, en passant devant les tunnels, ça bippe. Un thermique tout doux, Ă  +2, qui me remonte… jusqu’Ă  2000m. Mon meilleur plafond de la journĂ©e!
(Pourquoi on dĂ©colle toujours Ă  13h Ă  St Hil? C’est Ă  16h que c’est agrĂ©able!)
Du coup la tentation revient: Et si je tentais un triangle avec une pointe coté Belledone? Allez, je traverse pour voir.
Pendant la traversée, un phénomÚne rare: Il tombe quelques gouttes de pluie, et je vois un arc en ciel sous moi!
En face, malheureusement, un gros nuage en vallĂ©e devant DomĂšne avait fait pas mal d’ombre. Je zĂ©rote dĂ©sespĂ©rĂ©ment.Saint Marcel & la Savoyarde
Le soleil revient, et avec lui l’espoir. Effectivement ça repart mollement, et je gagne pĂ©niblement 300m. Mais au dessus de moi, aucun signe de nuage, alors que plus au sud, un cumulus bien joufflu gonfle allĂšgrement. J’abandonne mon thermique anĂ©mique, et pars vers le sud.
Erreur. D’oĂč j’Ă©tais, j’aurais pu rentrer en finesse Ă  Lumbin. Je ne trouverai jamais le thermique, et au contraire, en descendant, je me fais contrer par une brise de sud Ă  laquelle je ne m’attendais pas, qui rend la fin de vol turbulente, et m’oblige Ă  me poser en bordure de la TMA du Versoud, ce qui n’est pas vraiment recommandĂ© 🙁
Retour en stop Ă  St Nazaire.


Samedi, la conditions sont visiblement encore meilleures, et je repars le couteau entre les dents.
Montée en funiculaire. (Il est rouvert depuis le 1er avril les mercredis et week-ends)
Je rencontre Rémi au déco sud, et lui fait part de mon idée de tenter à mon tour la traversée vers le Vercors.
Malheureusement, il ne peut pas, car il fait un bi. Tant pis, j’irai tout seul.
Effectivement, en l’air c’est excellent. Moins turbulent que la veille, et ça monte mieux et plus haut.
Je vais quasiment tout droit jusqu’au Rachais.
Grenoble vu depuis le NĂ©ronLĂ  je soigne le plafond, et je plonge. Je suis dĂ©jĂ  allĂ© au NĂ©ron, mais je n’aime pas. C’est comme la Bastille, mais en pire. La zone sud-est du NĂ©ron est sous le vent de la brise de Voreppe Ă  Grenoble, et c’est trĂšs turbulent. Et bien sĂ»r c’est imposable. Je contourne pourtant le NĂ©ron par le sud, car au nord, les plafs paraissent vraiment bas. A l’approche du NĂ©ron, je suis contrĂ© par 15 Ă  20 km/h de brise, et mĂȘme 100m au dessus de la crĂȘte ça brasse trĂšs fort. La voile fait quelques embardĂ©es inattendues, mais aucune fermeture. Il fallait ĂȘtre rĂ©actif! La prochaine fois, je passerai par le nord!
ArrivĂ© en face ouest du NĂ©ron, au vent, tout se calme. Je fais quelques essuies glace, puis prends l’ascenseur. Plaf Ă  1600.
Allez, c’est parti, je traverse. Je sais que la ZIT de Grenoble finit au bout du terrain du Synchrotron. Je la longe, en restant juste Ă  l’extĂ©rieur. L’aĂ©rologie est calme. Je profite de la vue inhabituelle, et fais des photos.Synchrotron
Je vise une zone bien ensoleillĂ©e, juste en face, et j’y arrive Ă  1000m, assez optimiste…
Optimisme qui s’effondre tout de suite: Quel idiot! Je me retrouve sous le vent de la brise, et le rodĂ©o recommence. Trace du samedi Il y a bien quelques bips de temps en temps, mais c’est surtout de la turbulence. Impossible d’exploiter ça. AprĂšs quelques minutes de descente inexorable, je me rĂ©souds Ă  dĂ©gager. Je vise une belle prairie bien exposĂ©e prĂšs du hameau des Vouillants, et m’y pose en douceur.
1h15 aller en vol… 3h de retour en stop, pedibus, et autocar.
A postĂ©riori, le bon plan, c’Ă©tait de se mettre au vent, cotĂ© nord-ouest de la crĂȘte, au dessus des Cuves de Sassenage.
Donc, du Néron, partir à 30° plus à droite (par rapport à ma traversée perpendiculaire à la vallée), en direction des carriÚres Vicat, puis se laisser rabattre par la brise vers le Bois du Blanc. Là ça doit reprendre trÚs bas, comme au Néron.


Dimanche, ça avait l’air encore trĂšs bon, mais ayant dĂ©jĂ  bien tirĂ© sur la ficelle, je dĂ©jeune en famille sur la terrasse.
Au dessus, les voiles défilent sur le St Eynard, avec des plafonds encore meilleurs que la veille.
Au dessert, je n’y tiens plus, et decide de remettre ça. Mais vu l’heure tardive, ça m’embĂȘte de perdre deux heures en allant Ă  St Hil.
Allez, vu l’instabilitĂ©, ça va bien enfin le faire depuis mon petit terrain secret du haut de Corenc!
MontĂ©e illico. DĂ©co dans une bonne bouffe… Et bien non, ça ne le fait toujours pas 🙁
Il y a bien eu quelques petites pompes, mais je les ai toutes perdues trĂšs vite.
PosĂ© au bout de 10 minutes au LycĂ©e du GrĂ©sivaudan. (Mon plus long vol de lĂ  haut quand mĂȘme 🙂

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