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Tetrathlon

D 12 octobre 2008     H 10:28     A jeanluc.d     C 0 messages


Le tétrathlon : une tétralogie en Chartreuse

Le challenge est le suivant : gravir dans une même journée quatre des sommets principaux de Chartreuse, à savoir le Grand Som, le Charmant Som, la Dent de Crolles et Chamechaude, et voler de ces quatre sommets. L’expérience avait déjà été tentée par Stef et d’autres il y a une petite dizaine d’année, sans aboutir car les conditions étaient tellement bonnes qu’ils n’avaient pu descendre à temps pour gravir le dernier sommet.
Il fallait pour réussir des conditions exceptionnellement calmes pour pouvoir décoller de quatre sites différents. L’ordre correspondait à une évolution des orientations de plein est à plein ouest pour suivre le soleil, mais plusieurs de ces décollages sont contre-indiqués par vent du nord.
Par ailleurs les conditions annoncées au Mont Blanc ne permettaient pas de penser sérieusement y voler ce week-end, ce qui justifie ce regroupement en Charteruse.

Rendez-vous fut donc pris pour dimanche 28 septembre à 6 heures à Corenc le Haut, et nous nous retrouvons à cinq : Stéphane Miloche, Philippe Bensa, Antoine Jammes, Marc Poncin et Jean-Luc Duflo. Nous rejoignons l’atterrissage de Saint-Hugues avec deux voitures et nous en laissons une là pour monter au col du Cucheron. Nous gagnons ainsi 250 m et surtout une grande distance.

Un peu avant 7 h, nous attaquons, à la lumière des frontales, l’ascension du Grand Som. La température est agréable et cette première étape est vite digérée. Après un petit regroupement au soleil au col des Aures, où nous constatons que le vent du nord annoncé semble déjà calmé, nous terminons par les falaises très accessibles et nous atteignons la première croix à huit heures et quart.


Il n’y a effectivement pas un souffle de vent du nord mais au contraire un peu de brise qui va nous permettre de décoller facilement. Le pré, un peu en dessous du sommet fait un décollage impeccable. Nous avons la chance de trouver quelques bouffées au dessus de la Suiffière puis nous rejoignons Saint-Hugues dans un air parfaitement calme, à l’exception de Philippe qui atterrit un peu en dessous du col du Cucheron pour récupérer sa voiture.

Il en profite avec sa générosité sans égale, pour nous rapporter quelques croissants de Saint Pierre. Antoine nous conduit jusqu’aux Revols d’où nous attaquons le second sommet, le Charmant Som et nous quitte là mais sa journée de parapente se poursuivra par des bi-places. Il se fait récupérer par ses passagers (si j’ai bien compris) et nous le retrouverons au sommet.

Le chemin dans la forêt n’est pas évident mais Stef l’a bien repéré. Après un petit bout de piste tranquille, le chemin nous amène au sommet de manière efficace. C’est la plus courte des montées, à peine 800 m ; nous sommes au sommet peu après 11 h. Le timing de Stéf est respecté, pour l’instant.

En arrivant au décollage, 50 m sous le sommet, nous retrouvons toute une équipe du CHVD :
Jac Samson, Roland Mampe, Anne Miloche et Serge Argeles. Tout ce petit monde va voler du Charmant Som, de la Dent de Crolles et même de Chamechaude pour certains. Seuls Anne et Serge décideront finalement de ne pas voler au vu les conditions agitées au décollage.

Nous montons faire la photo au pied de cette seconde croix puis nous revenons au décollage sud. Le vent du nord que nous craignions au Grand Som s’est maintenant levé et nous devons attendre des conditions favorables pour décoller. Par moment la brise s’installe et un premier groupe décolle dans de bonnes conditions. Nous trouverons même de bonnes ascendances au dessus de l’arête de Bérard et remonterons au dessus du sommet. Mais le vent est repassé au nord et il faudra attendre un bon moment avant que les derniers décollent.

Aux alentours de 13 h tout le monde est finalement posé à Saint-Hugues, avec une brise de vallée beaucoup plus forte que quelques heures plus tôt. Nous avons pris un peu de retard mais tout est encore possible. Nous cassons la croûte et nous nous faisons conduire à Perquelin pour nous lancer à 13 h 30 dans l’ascension de la Dent de Crolles. Nous sommes maintenant six puisque Antoine a été remplacé par Jac et Roland.

1100 m à monter cette fois, mais l’ambiance est bonne et la montée est à nouveau avalée rapidement. Seul Philippe aura un coup de pompe en arrivant au sommet mais il saura le gérer pour repartir de plus belle. Nous retrouvons Pierre et Jean-Pierre peu après le col des Ayes. Au sommet, nous sommes rejoints par François Chantran.

Le pas de l’Œille en Sud est encombré de brouillard, la purée remonte aussi abondamment de la face Est, mais en regardant au Nord-Ouest, on voit tout le plateau et jusqu’à la Scia. Le doux vent de NW calme et régulier nous aide à innover. Pour nous tous ce sera une première.
Deco Nord-Ouest, sous la croix et tout droit bras haut, ça passe. À l’aplomb de la sortie du plateau, on arrive à peu prés à 80 m sol et là rendez-vous avec des bien belles ascendances qui permettent même au plus grand nombre de remonter au dessus de Pravouta. Roland s’y pose, ce qui lui permettra de valider un quatrième sommet.

À l’atterrissage, le vent du nord est tombé et on se pose un peu dans tous les sens.

Les ailes pliées, il est 16 h 30 passé. Est-il encore possible de tenter l’ascension complète de Chamechaude et d’y être assez tôt pour décoller ? Nous décidons que oui. Philippe et Marc prennent la voiture pour monter au Col de Porte et nous déposent, Stéf, Roland et Jean-Luc, à la sortie de Cherlieu. Vu la grosse marge de hauteur, Jac décide de se poser plus prêt du col de Porte, histoire de gagner de la distance et du temps. Il atterrit à Cherlieu et monte tout de suite au col en stop. Cette option lui permet de passer une demie heure à la terrasse du café au col pour buller, boire et manger un bon gâteau au chocolat avant d’attaquer l’ultime montée.

Jean-Luc, Roland et Stéphane attaquent cette montée inédite depuis Cherlieu pour rejoindre Chamechaude ; le sentier efficace et raide rejoint en lacets serrés la cabane de Bachasson. Le rythme est bon et nous nous battons contre ce temps qui passe trop vite et ce soleil qui décline doucement sur l’horizon. Pas d’arrêt à la cabane et nous décidons de tirer droit dans le canyon, à l’aplomb du sommet pour gagner du temps.
Le soleil semble descendre moins vite tant nous maintenons notre rythme, comme si notre envol vers le haut soulageait ce disque en fusion dans sa chute inexorable sous l’horizon. Nous débouchons dans la prairie sommitale et ce soleil, que nous croyions moribond, nous gratifie de nombreuses brumes opaques, occultant la vallée.
Une autre crainte s’insinue : une couche de nuage est en formation entre le sommet et la vallée. C’est courant en automne.

Nous arrivons au sommet où nous rejoignons Philippe, Jean Pierre et Marc montés depuis le col de Porte. Tout le monde exulte littéralement ; le vent est d’ouest 5 km/h ; c’est idéal pour un déco sommital ; restent les nuages.
Le soleil semble capituler et les nuages se dissipent peu à peu laissant entrapercevoir les villages en contrebas. C’est dans une lumière rouge et jaune que nous décollons.

Passé le plateau sommital, toutes les ailes en contrebas décollent de concert : Benjamin, Christian, Pierre-Alexis et notre Jac. Le spectacle est inédit : Tant de voiles à cette heure de la journée, dans une chorégraphie échevelée de nuages et de lumière rouge.

L’atterrissage n’est pas moins incroyable, à croire que chacun a rythmé son vol pour poser quelques secondes après le précédent ;
Les bananes sont de rigueur pour tous : 1,2, 3, 4 sommets ; peu importe !!! Quel bonheur !!