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Un week end fumant

D 5 avril 2009     H 21:58     A Benjamin     C 0 messages


Récit et photos de Jean François Larvoire


Super conditions ces derniers jours. J’espère que vous en avez bien profité !
Les conditions allaient en s’améliorant, mais j’ai réussi l’exploit de faire des vols de plus en courts.
Vendredi, un aller retour sympa Bastille-StMarcel, suivi d’un aller simple vers Belledone.
Samedi, une tentative de traversée vers le Vercors, finie prématurément à Fontaine.
Dimanche, une Nième tentative de Corenc, d’où malgré mes espoirs je n’arriverai toujours pas à sortir.


Déco fumant !

Vendredi, déco vers 13h à St Hil. La moquette fumait, littéralement !
La première heure, les conditions sont musclées. Il fallait bien tenir sa voile !
Je me lance à la poursuite de Pierre Laurens, parti 10 minutes avant moi.
Vu l’aérologie forte, je reste à 100m de la falaise, et ça marche très bien. Pourquoi tant de voiles rasent le rocher comme s’il fallait gratter du tout petit ?
J’avance parallèlement aux falaises, en maintenant plus ou moins mon altitude.
De temps en temps, j’enroule un thermique qui me parait sain, histoire de monter d’un étage.
Je croise Pierre à 1km du Fort du St Eynard. Arrivé au fort, il y a plusieurs voiles sur le Rachais qui montent très bien, du coup je continue sans m’arrêter malgré les plafonds médiocres. Effectivement ça reprend bien, et je pousse jusqu’à la Bastille. Un voile est au Néron, et part sur le Vercors. Remontée au plafond facile pour une fois au retour sur le Rachais, puis retour tout droit jusqu’au Manival. Maintenant ça monte tout le long.

St Eynard

De retour à Chateau Nardant, je tente la montée vers la Dent. Ça reprend bien comme d’hab en haut de l’arête devant le Col du Coq. Une autre voile enroule avec moi. On passe entre deux nuages, et je la suis en ligne droite, au plafond, sur plusieurs kilomètres.
Un peu avant le Col de Marcieux, un nuage plus gros que les autres menace de nous aspirer, et on doit le contourner par la droite. L’autre voile fait demi tour. Je continue à l’aplomb des avants reliefs.

Grenoble - Transition vers la Bastille

L’heure suivante est un vrai plaisir, très différente de la première heure. Je progresse lentement, entre 1300 et 1600m. Il fait bon, les thermiques sont tout doux. J’en prend plein les yeux, tout seul dans cette zone. Vers le déco de St Marcel, je fais demi-tour. Après c’est tout à l’ombre, et je crains de descendre trop bas. Retour jusqu’au Col de Marcieux toujours aussi lent, et toujours aussi agréable. Là, le thermique reprend un peu de vigueur, et me monte enfin au plafond, vers 1800m. C’est inespéré, j’en profite et me jette sur les hauts reliefs. Ça marche, ça remonte au nuage, et je rentre en ligne droite jusqu’à la Dent de Crolles en un temps record.
Il est 16h. Ma voiture est à l’atterro de St Nazaire, il ne reste plus qu’à se laisser glisser jusque là.
Mais voila, en passant devant les tunnels, ça bippe. Un thermique tout doux, à +2, qui me remonte... jusqu’à 2000m. Mon meilleur plafond de la journée !
(Pourquoi on décolle toujours à 13h à St Hil ? C’est à 16h que c’est agréable !)
Du coup la tentation revient : Et si je tentais un triangle avec une pointe coté Belledone ? Allez, je traverse pour voir.
Pendant la traversée, un phénomène rare : Il tombe quelques gouttes de pluie, et je vois un arc en ciel sous moi !
En face, malheureusement, un gros nuage en vallée devant Domène avait fait pas mal d’ombre. Je zérote désespérément.

Saint Marcel & la Savoyarde

Le soleil revient, et avec lui l’espoir. Effectivement ça repart mollement, et je gagne péniblement 300m. Mais au dessus de moi, aucun signe de nuage, alors que plus au sud, un cumulus bien joufflu gonfle allègrement. J’abandonne mon thermique anémique, et pars vers le sud.
Erreur. D’où j’étais, j’aurais pu rentrer en finesse à Lumbin. Je ne trouverai jamais le thermique, et au contraire, en descendant, je me fais contrer par une brise de sud à laquelle je ne m’attendais pas, qui rend la fin de vol turbulente, et m’oblige à me poser en bordure de la TMA du Versoud, ce qui n’est pas vraiment recommandé :-(
Retour en stop à St Nazaire.


Samedi, la conditions sont visiblement encore meilleures, et je repars le couteau entre les dents.
Montée en funiculaire. (Il est rouvert depuis le 1er avril les mercredis et week-ends)
Je rencontre Rémi au déco sud, et lui fait part de mon idée de tenter à mon tour la traversée vers le Vercors.
Malheureusement, il ne peut pas, car il fait un bi. Tant pis, j’irai tout seul.
Effectivement, en l’air c’est excellent. Moins turbulent que la veille, et ça monte mieux et plus haut.
Je vais quasiment tout droit jusqu’au Rachais.

Grenoble vu depuis le Néron

Là je soigne le plafond, et je plonge. Je suis déjà allé au Néron, mais je n’aime pas. C’est comme la Bastille, mais en pire. La zone sud-est du Néron est sous le vent de la brise de Voreppe à Grenoble, et c’est très turbulent. Et bien sûr c’est imposable. Je contourne pourtant le Néron par le sud, car au nord, les plafs paraissent vraiment bas. A l’approche du Néron, je suis contré par 15 à 20 km/h de brise, et même 100m au dessus de la crête ça brasse très fort. La voile fait quelques embardées inattendues, mais aucune fermeture. Il fallait être réactif ! La prochaine fois, je passerai par le nord !
Arrivé en face ouest du Néron, au vent, tout se calme. Je fais quelques essuies glace, puis prends l’ascenseur. Plaf à 1600.
Allez, c’est parti, je traverse. Je sais que la ZIT de Grenoble finit au bout du terrain du Synchrotron. Je la longe, en restant juste à l’extérieur. L’aérologie est calme. Je profite de la vue inhabituelle, et fais des photos.

Synchrotron

Je vise une zone bien ensoleillée, juste en face, et j’y arrive à 1000m, assez optimiste...
Optimisme qui s’effondre tout de suite : Quel idiot ! Je me retrouve sous le vent de la brise, et le rodéo recommence.

Trace du samedi

Il y a bien quelques bips de temps en temps, mais c’est surtout de la turbulence. Impossible d’exploiter ça. Après quelques minutes de descente inexorable, je me résouds à dégager. Je vise une belle prairie bien exposée près du hameau des Vouillants, et m’y pose en douceur.
1h15 aller en vol... 3h de retour en stop, pedibus, et autocar.
A postériori, le bon plan, c’était de se mettre au vent, coté nord-ouest de la crête, au dessus des Cuves de Sassenage.
Donc, du Néron, partir à 30° plus à droite (par rapport à ma traversée perpendiculaire à la vallée), en direction des carrières Vicat, puis se laisser rabattre par la brise vers le Bois du Blanc. Là ça doit reprendre très bas, comme au Néron.


Dimanche, ça avait l’air encore très bon, mais ayant déjà bien tiré sur la ficelle, je déjeune en famille sur la terrasse.
Au dessus, les voiles défilent sur le St Eynard, avec des plafonds encore meilleurs que la veille.
Au dessert, je n’y tiens plus, et decide de remettre ça. Mais vu l’heure tardive, ça m’embête de perdre deux heures en allant à St Hil.
Allez, vu l’instabilité, ça va bien enfin le faire depuis mon petit terrain secret du haut de Corenc !
Montée illico. Déco dans une bonne bouffe... Et bien non, ça ne le fait toujours pas :-(
Il y a bien eu quelques petites pompes, mais je les ai toutes perdues très vite.
Posé au bout de 10 minutes au Lycée du Grésivaudan. (Mon plus long vol de là haut quand même :)