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Pentecote, même en l’air Belledonne se mérite

D 6 juin 2010     H 21:07     A Champlo     C 0 messages


Même en l’air, Belledonne est un massif qui ne se laisse pas facilement approcher...

En ce lundi de Pentecôte, on sort de deux jours de SIV intensif avec Benoit Pillias à Annecy. On a tout fait pour ne pas terminer à l’eau voulant profiter du lundi pour crosser. En effet, cela fait un mois que l’on ne s’est pas mis en l’air pour avancer un peu et ce n’est pas lors de la mémorable semaine itinérante que nous aurions pu faire des kilomètres. hihihi...

Nous proposons sur la liste un RDV à Saint Nazaire vu que l’on est de gros feignants et que l’on ne veut pas rouler. SP Jooris nous propose de franchir de Rubicon pour aller sur Chamrousse loin de la foule. Idée à laquelle nous adhérons de suite préférant tenter les multiples mini-transitions de Belledonne plutôt que parcourir une crête de bout en bout, il faut bien être joueur. Vu que le RDV est en début d’après-midi, on se retrouve avec Benoit et Nicolas Roybon sur la moquette à midi pour un plouf de réglage.
Un peu de stop pour reprendre nos voiture, et l’on se dirige vers Saint Martin d’Uriage pour rejoindre Simon-Pierre dans le bus 6010 qui nous monte au Recoin. Un quatrième larron, Bruno nous suit en stop pour tester sa nouvelle voile.

01 déco S-P

Ben et Simon-Pierre se mettent en l’air rapidement et moi je galère, j’suis pas dans mon assiette, l’estomac en a marre de se nourrir de sandwichs tous les jours ou presque.

02 déco Ben

Ah, enfin en l’air, je monte, je monte puis transite sur le Colomb pendant que Bruno va poser rapidement, gamins oblige... J’avance bien, poussé par 10 de sud mais je ne suis pas dans mon vol, j’enroule carré, je ne sais pas où se trouvent les thermiques. Au jas du Lièvre, je m’octroie une pause pour faire le point sur la première partie, faire le tri et redevenir actif dans mon vol.

03 c est tout droit

Puis c’est le départ pour Allevard, les copains sont sur place à 2900m mais dans de belles dégueulantes qui les obligent à se dérouter vers les avants-reliefs pour tenter un retour par le bas. J’approche des nuages au vent puis file au suivant, mais ils se dégonflent un à un et la superbe rue de nuages qui m’attirait depuis le Jas laisse place à un ciel bleu. Pas moyen de quitter les 7 Laux, je cherche un thermique bleu mais je ne trouve rien. Je songe un moment passer par l’intérieur du massif où les cumulus sont bien présent pour tenter de rallier Chamoux mais autant y aller graduellement.

Bon, pas grave, je vais tenter de rentrer, je me refais sur la station, assure un plaf au Jas et tente de partir sur Orionde. Cela se passe plutôt pas mal, accéléré un peu j’avance correctement, j’arrive à bien jouer avec les nuages pour maintenir mon altitude. Et d’un coup, je n’avance plus, 20km/h... Je suis dans ce que je pense être un prolongement de la masse d’air accélérée du venturi sur la crête d’Orionde alors que je suis bien plus haut et encore bien derrière,une sorte de couche dure... Un peu plus d’accéléro et tout d’un coup c’est passé... Cette lame est derrière moi et je peux profiter des thermiques de la vallée suivante...

05 10vols en 3 jours, les traits tirés

Je me retourne et sur les 5 voiles au Jas du Lièvre, seul un gun avec cocon passe en rasant le relief sous le vent, les autres sont trop bas. Je fais le plein de sans-plomb et me dit que cela doit être de même pour l’épaule du pré du Mollard alors je prends un peu au large pour franchir cette lame d’air avec le plus de gaz possible sous les pieds afin qu’elle soit moins forte et éviter tout passage sous le vent. Et cela paie, la lame d’air est bien présente mais franchie sans difficultés... Alors je fais la même pour l’arête N du Grand Colomb puis remonte au plafond le long de cette dernière en jonglant des oreilles et de l’accéléro pour sortir devant le nuage qui surplombe le sommet et contourner un petit à hauteur des barbules avant de partir tranquillou sur l’Aiguille.

06 en contournant mon nuage

Pendant ce temps, Ben et S-P ont posé en vallée du coté de Brignoud. Le prix du jury est attribué à benoit qui fait son vol en pantacourt vu qu’il a oublié son sur-pantalon chez lui, la rumeur voudrait qu’il ait perdu au passage la sensibilité sur deux phalanges...

Je suis content, bien crevé par ces 3j de vols et je me dit qu’un passage à ras l’Aiguille serait du plus bel effet. L’air est calme, un poil N, c’est parti pour des wings-overs (merci le SIV) et à proximité de l’Aiguille, des clignotants rouges apparaissent dans mon cerveau, j’abandonne mon idée et bien m’en prends car je ressent déjà un gradient conséquent qui me fait planer le long de la pente en visant le second déco et jouant sur les freins pour remonter mètres par mètre...

Bon, c’est finit de jouer, direction SMU et son aterro mythique. Et tabernak, cela recommence... Je suis contré par de la brise de pente et cela monte de partout, les 360° sur le coté descendent à moins d’1m/sec, une session de 6-7 wings-over ne me fait perdre que 40m et je ne veux pas me mettre en 360° face planète, je suis trop crevé, il y a trop de maison dessous et ce n’est pas l’urgence sous un méga cumulus, c’est juste que cela monte puissamment partout. Alors je feinte en vallée aux oreilles et je pose enfin après 2h23 de vol... Exténuants ces trois jours...

En analysant le GPS, je me rends compte que je fais l’aller et le retour au même rythme, 20km/h de moyenne sur la distance alors qu’il y a 10km/h de sud à l’aller qui m’aident généreusement. Cela confirme le fait que je n’étais pas dans ma sellette et que j’ai bien fait de faire le point au jas du Lièvre. Le retour, technique et stratégique s’est vraiment bien passé. J’arrive à me placer convenablement et à prendre conscience de ce que j’ai autour de moi pour l’exploiter et progresser.
Bien content de sortir de SIV car en volant accéléré contre le flux, ma bâche a décidé de chiffonner 2-3 fois des bout d’ailes et une fois avec plus d’entrain.

07 Chamrousse

Si ce n’est pas mon vol le plus long, c’est le plus complet, le plus technique, le plus difficile et celui que j’ai le plus apprécié. J’ai le sentiment d’effleurer ce que peux être le cross et cela me plaît...
Merci Simon-Pierre d’avoir proposé ceci car nous autres jeunots ne savons pas trop quand sortir de Saint Hilaire. Le SIV et le WE initiation cross ont été bien utiles, la réflexion se dégrossissant au fur et à mesures des vols...

A vos suspentes...